Carton rouge pour la publicité sexiste !

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À l’heure où même Mattel fait Barbie dire aux petites filles qu’elles peuvent rêver grand et « être tout ce (qu’elles veulent) », j’ai été extrêmement choquée lorsque, avant-hier, j’ai reçu par voie postale les dernier catalogue promo d’une grande surface bien connue de la place aux Abymes. 

Tout, absolument tout dans la couverture de ce catalogue promo spécial produits d’entretien ménager m’a paru détestable. Premièrement, que ce soit encore une femme (tout sourire, tablier et cheveux attachés) qui soit mise en avant pour promouvoir ce type de produits systématiquement en 2019, envoie un message grotesque qui n’a même pas la finesse du subliminal : le ménage, ce serait donc qu’une affaire de bonnes femmes !

Lorsque l’on connaît les ravages de la charge mentale qui pèse sur les femmes en général, et en particulier dans nos territoires caribéens post-esclavagistes et postcoloniaux, l’on ne peut que se dire que le publicitaire et l’enseigne ayant osé commettre cette publicité, ne font qu’alimenter un sexisme ordinaire qui pervertit et compromet le progrès et l’équité des genres pour lesquels se battent tant de femmes…et d’hommes aussi. 
Comble du comble, c’est que cet affligeant visuel vient polluer les consciences à peine une semaine après le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. 

Deuxième élément m’ayant choquée, la couleur de la femme choisie pour incarner la bonne fée du logis : une femme d’une peau noir foncé. 
Sur des territoires comme la Guadeloupe, où le colorisme fait des ravages avec notamment le culte de la chabine et de la métisse indienne à « po chapé é bèl chivé », il est encore irresponsable de continuer à ainsi entretenir par ces images une estime de soi dégradée des femmes noires. 

Eh quoi !? Les femmes noires ne seraient-elles bonnes qu’à incarner des « Mama » comme dans « Autant en emporte le vent », des rôles de second plan, ou encore des femmes en position de servitude, quelle qu’elle soit ? 
En 2019, c’est insupportable.

Et ce qui est aussi insupportable, comme le faisait remarquer Sébastien B. sur ma page Facebook quand j’ai lancé le débat, c’est que « comble du cliché doudouiste, le détournement d’une phrase qui en son temps et dans son contexte était une revendication d’émancipation féministe, et qui ramène la femme à une position subalterne. » 

Eh oui, messieurs, dames, les publicitaires, quand Zouk Machine chantait «Maldón» en 1989 (une chanson qui a bercé la petite fille guadeloupéenne que j’étais !), ce n’était certainement pas pour cautionner un quelconque sexisme ordinaire, et encore moins justifier une démarche mercantile qui utilise des codes surannés que l’on voudrait nous inculquer comme une norme qui fait de nous des moutons ! 

Arété sa, sinon ké ni maldón !

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