Durant le mois de mars, l’association 100 000 entrepreneurs et sa délégation régionale conduite par la Guadeloupéenne Valérie Larifla, a mené nombre d’actions afin de sensibiliser les jeunes filles à l’entrepreneuriat féminin. Parmi ces actions, des rencontres avec des entrepreneures inspirantes afin de donner à voir des modèles auxquelles les jeunes filles peuvent s’identifier. Rencontre avec Valérie Larifla pour qui le développement des Outre-mer passe par l’entrepreneuriat des jeunes.

Caribbean Boss Lady : Vous êtes déléguée régionale Outre-Mer pour l’association 100 000 entrepreneurs. Que promeut cette association et quels sont ces leviers d’action ?

Valérie Larifla :L’association 100 000 entrepreneurs a pour mission de transmettre l’envie et la culture d’entreprendre auprès des jeunes de 13 à 25 ans. Pour ce faire, nous organisons gratuitement des témoignages de chefs d’entreprise, d’entrepreneurs, d’intrapreneurs volontaires dans les établissements scolaires ou tout autre lieu pour échanger sur la notion d’entreprendre, le fonctionnement du monde professionnel et l’importance des apprentissages

La Guadeloupe connaît un fort taux de chômage des jeunes, ainsi qu’une fuite des cerveaux qui ne cessent de s’accentuer. Favoriser l’entrepreneuriat, ce serait donc la solution pour que notre territoire garde ces ressources humaines ?

Dans un contexte où la fonction publique recrute moins, le message de nos intervenants est double : les jeunes doivent être dans une dynamique entrepreneuriale, non pas nécessairement pour créer une entreprise, mais être acteur de leur orientation, et ensuite la diversité des profils présentés est une source d’inspiration pour nos jeunes et une façon de se projeter dans l’avenir

Que faudrait-il, selon vous, mettre en place en Guadeloupe pour que les entrepreneurs se sentent encore plus libres d’entreprendre et de développer leurs projets ?

La valeur de l’exemple est une première étape. Cependant, les entrepreneurs expriment encore des difficultés sur le circuit d’accompagnement et la connaissance des interlocuteurs. Il faudrait donc rendre encore plus lisible le volet accompagnement des porteurs de projets, et peut être mettre plus de proximité avec des représentations dans les communes, au plus près des porteurs de projets.

100 000 entrepreneurs Guadeloupe mène un grand nombre d’actions pour les semaines de l’entrepreneuriat féminin. Quels sont, selon vous, les défis que doivent relever les femmes entrepreneures guadeloupéennes ?

La femme guadeloupéenne qui souhaite entreprendre est confrontée aux mêmes difficultés que dans l’Hexagone. Tout d’abord, lors des choix d’orientation scolaire malgré un très bon niveau de réussite aux études, les filles font encore trop souvent des choix de filière stéréotypés en délaissant les filières scientifiques par exemple. Ensuite lorsqu’il est question de créer une entreprise, les freins qui existent sont notamment qu’elles sous-estiment leur capacité à créer, qu’elles vont demander des montants de prêt moins ambitieux que les hommes, qu’elles doivent gérer l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale.

Les filles font encore trop souvent des choix de filière stéréotypés en délaissant les filières scientifiques.

Valérie Larifla, Déléguée régionale Outre-mer 100 000 entrepreneurs

Vous avez permis à des lycéens de rencontrer des cheffes d’entreprises guadeloupéennes, dans le cadre de ces semaines de l’entrepreneuriat féminin. C’est important de montrer des modèles de femmes qui se lancent dans l’entreprise ?

L’importance de ces rencontres est double : tout d’abord cela permet aux jeunes filles d’échanger avec des femmes qui ont fait des choix professionnels allant souvent à l’encontre de leur entourage, et qui ont réussi. Les jeunes hommes doivent aussi apprécier qu’une femme qui entreprend amène de la diversité surtout dans certains secteurs comme le numérique où seules 9% des créations d’entreprises sont le fait de femmes. C’est pour cela que la 7èmeédition des Semaines de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin a mis l’accent sur les femmes et le numérique.

Rencontre d’élèves avec Catherine Cadrot, directrice de l’Arawak Beach Ressort

Vous avez aussi développé un partenariat avec les Premières Guadeloupe. Dites-nous-en plus.

Les Premières est un incubateur pour des femmes porteurs de projets. C’est donc tout naturellement que depuis plusieurs années, nous collaborons avec le réseau pour promouvoir la femme qui entreprend. Nous menons donc des actions dans toutes les régions où le réseau est présent, et en Outre-mer en Guyane depuis 4 ans. C’est la 1èreaction avec Les Premières en Guadeloupe puisque le réseau est en cours d’implantation.

Quelles sont les prochaines actions de 100 000 entrepreneurs Guadeloupe ?

Le mois de mars et l’entrepreneuriat féminin sont une façon de faire connaître ce que 100 000 entrepreneurs propose aux jeunes. Cependant toute l’année nous menons notre mission de sensibilisation à l’entrepreneuriat auprès des jeunes en mettant en avant 2 autres axes :

  • L’entrepreneuriat dans les quartiers, en nous adressant à un public plus éloigné du monde de l’entreprise ;
  • Les métiers de demain avec des interventions sur le numérique, les soft skills, les langues étrangères, le coding…

Nous sommes donc actifs toute l’année afin que tous les jeunes de 13 à 25 ans rencontrent au moins une fois, un professionnel et développe sa connaissance du monde de l’entreprise que ce jeune se destine à être lui-même chef d’entreprise ou salarié. Nos territoires en Outre-Mer se développeront grâce à cette jeunesse entreprenante.

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