Back

0 5 livres pour un mental de Boss Lady pendant les grandes vacances

Your vote is:
4.00 of 1 votes

Durant les grandes vacances, nous sommes nombreuses à prendre le temps de lire plus, ou de lire tout court. L’occasion de découvrir des auteur(e)s, ou encore de trouver des sources d’inspiration. Depuis que j’ai lancé Caribbean Boss Lady au début de l’année, je lis beaucoup d’ouvrages traitant d’empowerment et de leadership féminins. Des livres de développement personnel donc. Une découverte que j’apprécie énormément. Mais le genre que je préfère par-dessus tout demeure le roman, et, durant ces dernières semaines, j’ai relu quelques-uns de mes favoris avant d’en découvrir d’autres. Je vous propose ma sélection – très personnelle et non exhaustive donc – de livres à (re)découvrir durant ces grandes vacances, et qui ont ceci en commun : favoriser la construction et l’entretien d’un mental de Boss Lady.

 

 

Maryse Condé, Mets et merveilles (2015)

 

Mets et merveilles est l’antépénultième roman de Maryse Condé. Comme dans nombre d’œuvres de l’auteure, la narration autobiographique y tient une place importante et centrale. Dans cet ouvrage, Condé raconte son rapport à la nourriture, à la gastronomie, et surtout comment la cuisine est devenue, pour elle, au fil des ans, non seulement une thérapie qui lui permettait de sublimer ses frustrations tout en faisant plaisir à ses proches, mais aussi, une forme d’art à part entière avec lequel elle faisait société. Au gré de ses expériences très personnelles, ses déceptions conjugales, ses relations complexes avec l’Afrique et la Guadeloupe, son exil aux USA, ses épreuves de femme, de mère et d’auteure, Condé raconte chaque plat qui l’a marquée. Cette démarche d’introspection, pourrait a priori sembler proprement épicurienne, mais c’est à une ascèse intellectuelle que l’auteure se livre, avec méthode, afin d’analyser les causes et les effets des circonstances et des relations interpersonnelles auxquelles elle a pris une part active dans sa riche vie qui l’a menée aux quatre coins du globe. De façon très pragmatique, c’est une sorte de « Raison gourmande » à la Michel Onfray que présente Condé dans ce roman.

Comme un testament, Condé se livre, peut-être encore plus qu’elle ne l’avait fait auparavant, en racontant les histoires qui se sont tissées autour de sa relation avec des plats traditionnels, de chez nous ou d’ailleurs. Une invitation au voyage et surtout dans le circuit cognitif et créatif de Condé. Sa plume est sincère, et alors que l’auteure sent la maladie la ronger, elle déclare, à la fin du livre, comme une réplique tragique : « Ainsi dans ce domaine non plus [la cuisine en parallèle de la littérature, ndlr] je n’aurais pas d’héritier ? » Un livre touchant, simple, sans chichis ni fioritures inutiles.

 

 

Gisèle Pineau, Cent vies et des poussières (2013)

 

 « A chaque fois qu'un docteur lui confirmait qu'elle portait un enfant, Gina éprouvait aussitôt l'étrange et merveilleuse sensation de flotter dans un temps parallèle. Elle était alors intimement persuadée de détenir un pouvoir qui s'activait en elle dès la première semaine de gestation, se déployait jusqu'à la délivrance et s'amoindrissait au fur et à mesure, avant de disparaître d'un coup, le jour même où sortait la troisième dent de l'enfant.
Pour Gina Bovoir, attendre un bébé est un moment d'exception. Elle a déjà sept enfants de pères différents. Enceinte de son huitième petit, elle s'en réjouit en secret avant d'annoncer la nouvelle à son entourage. C'est sa façon de fuir le réel et les soucis du quotidien. Car Gina vit dans un quartier difficile, la Ravine claire, un ghetto désolé, violent, abandonné des pouvoirs publics. Après chaque accouchement, Gina promet de ne plus tomber enceinte, mais "rechute" systématiquement. Sharon voit sa mère s’éloigner un peu plus de ses grands enfants. La fillette supportera-t-elle un nouveau petit frère ? A travers cette chronique douce-amère et les destins singuliers de ses personnages, Gisèle Pineau brosse aussi le portrait
de la Guadeloupe d'aujourd'hui, tiraillée entre ses douleurs anciennes et ses fléaux modernes », explique l’éditeur de Gisèle Pineau.

 

Gisèle Pineau, malgré la difficulté du sujet qu’elle aborde, et la complexité de son personnage principal, Gina Bovoir, trouve tout de même le moyen de nous livrer une narration solaire et toujours sensuelle. Un exercice dont elle a, depuis des années, la maîtrise. Comme dans son roman L’âme prêtée aux oiseaux (1998), elle nous emmène subtilement dans un récite transgénérationnel afin de mieux aider le lecteur à comprendre comment les trajectoires d’ancêtres peuvent aider à comprendre la façon dont des femmes caribéennes acceptent volontairement – voire, prennent un certain plaisir masochiste – à se brûler les ailes dans le feu d’amours destructrices.

 

 

Cara Alwill Leyba, Girl Code: Unlocking the Secrets to Success, Sanity and Happiness for the Female Entrepreneur (2015)

 

C’est l’un des livres les plus inspirants que j’ai pu lire sur le sujet de l’empowerment féminin par l’entrepreneuriat. Dans cet ouvrage, exclusivement disponible en anglais pour le moment, la coach de vie et blogueuse états-unienne Cara Alwill Leyba (TheChampagneDiet.com) s’interroge sur les limites et les comportements limitants que nous, les femmes, nous nous posons et qui nous empêchent de réussir dans le domaine professionnel. Partant de sa propre expérience, elle explique comment elle a pu surmonter nombre de peurs et de limites qu’elle avait intégrées, à tort.

 

Nombre de sujets y passent : la confiance en soi ; le pouvoir du réseau ; comment gérer les « haters » ou encore celles et ceux qui essaient de vous imiter et/ou vous mettre des bâtons dans les roues (à titre très personnel, ce chapitre m’a beaucoup apporté, car j’ai récemment eu affaire à un cas pareil, et j’avoue que c’est le genre de situation qui peut facilement vous faire sortir de vos gonds, et j’aurais préféré avoir lu l’ouvrage avant !) ; comment ne pas perdre son temps avec des futilités ; s’entourer de personnes qui partagent les mêmes valeurs, qui nous comprennent et nous poussent à être meilleures ; comment embrasser son leadership, etc. Ce que j’apprécie particulièrement dans Girl Code, c’est la multitude de témoignages de femmes entrepreneures que présente Alwill Leyba afin d’illustrer son point de vue. Toutes les femmes peuvent donc s’identifier à une ou plusieurs des interviewées, et donc mieux comprendre la leçon (le « code secret ») qui est mise en valeur dans chaque chapitre. Un livre à lire d’urgence et qui se distingue par son parler-vrai, cash. Il va à l’essentiel, et les astuces données sont simples et peuvent aisément être mises en œuvre.

 

 

Nathalie Loiseau, Choisissez tout : Donner envie à toutes les femmes d’oser, de rêver et de changer le monde (2014)



C’est l’un des meilleurs livres français que j’ai lus sur la question de l’empowerment et du leadership féminins. Logique, car le parcours de Nathalie Loiseau, actuelle directrice de la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration (ENA), force le respect. Et c’est surtout un acte courageux que Loiseau pose avec ce livre qui ne connaît pas la langue de bois. Tout en racontant son parcours, les challenges qu’elle a dû relever à tous les niveaux en tant que femme, les stratégies qu’elle a mises en place pour réussir, les rencontres motivantes, Loiseau analyse nombre de phénomènes et comportements qui sont de nature à freiner l’empowerment féminin. En France en particulier. Jouets genrés, harcèlement sexuel, mansplaining, harcèlement moral, préjugés, s’imposer en tant que femme manager dans un milieu traditionnellement masculin, le rapport aux hommes, l’équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, les difficultés rencontrées par les autres filles et les autres femmes dans d’autres pays moins laïcs que la France, la perpétuelle pression qui pèse sur les femmes ainsi que la charge mentale, et le fameux « plafond de verre », entre autres. Un livre vrai, franc, avec de belles analyses, cultivées, qui complètent élégamment une trajectoire personnelle et professionnelle puissante.

 

 

 

Aya Milagros, The Good Morning Chronicles,
30 Days of Divine Enlightenment on Love, Inspiration and Growth (2017)

 

Celles et ceux qui suivent Caribbean Boss Lady et mes réseaux sociaux savent l’appréciation que j’ai pour ce livre écrit par une jeune Saint-Martinoise. J’ai déjà eu l’occasion de discuter de cet ouvrage, dans un billet blog intitulé « The Good Morning Chronicles d’Aya Milagros : Transmettre la lumière pour se relever ». Extraits : « Dans un monde de plus en plus égotique, et où seul le pouvoir personnel est de plus en plus mis en valeur, l’honnêteté intellectuelle d’Aya, qui rattache sa démarche à une force supérieure, est une vraie leçon de vie. Elle nous montre comment, dans des moments critiques, lâcher prise et avouer ne pas pouvoir toujours tout maîtriser, et se raccrocher à une certaine forme de spiritualité, peut avoir un effet positif sur une vie, quand cette spiritualité est vécue de façon éclairée et intelligente.

 

Ce livre, bien que faisant souvent référence à des passages bibliques, réussit aussi le pari, à mon sens, de ne pas entraîner ses lecteurs dans une logique dogmatique ; bien au contraire. Tout en ayant une inspiration fondamentalement chrétienne, The Good Morning Chronicles demeure un ouvrage respectueux de la foi, mais aussi de l’agnosticisme ou de l’athéisme de son lecteur. Au fond, ce que retient Aya et ce qu’elle communique c’est la « puissance d’exister » chrétienne, et les leçons de vie qu’elle peut communiquer à toutes celles et à tous ceux qui ont besoin de tailler leur pierre brute pour en faire des colonnes solides, en force, sagesse et beauté, pour soutenir l’édifice de leur vie. »