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0 9 raisons d’aller voir Girls Trip

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Le 21 juillet dernier, la veille de mon anniversaire, est sorti, aux USA et dans la Caraïbe anglophone, « Girls Trip » réalisé par Malcom D. Lee (« Scary Movie 5 », « Barber Shop 3 »). De passage à Saint-Martin, j’en ai profité pour voir ce film, côté hollandais, au Megaplex 7 by Caribbean Cinemas, un des seuls cinémas de la région à projeter « Girls Trip ». Mon seul regret : ne pas avoir eu la chance de partager cette séance avec Flossie, ma meilleure amie qui habite à Paris.

 

 

L’importance de l’amitié

Par-delà les blagues salaces, le glamour, les spectacles, ce film est d’abord une leçon de vie sur la force et l’importance de l’amitié entre femmes ; et singulièrement entre femmes afro-américaines qui ont si souvent été décrites, dans la pop-culture, quasi exclusivement comme des hystériques, des femmes faibles, des gangsters, des mères célibataires désespérées, et j’en passe. « Girls Trip » a ceci d’exceptionnel qu’il met en images des femmes noires puissantes, fortes face aux épreuves de la vie, avec toute la richesse et la complexité de leurs personnalités, qui réussissent, chacune à leur manière, tout en étant présentes les unes pour les autres, sans se jalouser ni se faire des coups bas. Salvateur !

 

Être fidèle à ses valeurs et à son identité

« Girls Trip », c’est aussi un film initiatique dans lequel les personnages principaux apprennent à renouer avec leurs valeurs profondes. Un film comique, certes, mais dans lequel l’introspection joue aussi un rôle important, en particulier pour le personnage de Ryan qui, grâce à ses amies, parvient à trier l’essentiel du superflu dans sa vie. Ce film nous apprend que l’ascension sociale et le succès ne doivent pas nous faire oublier d’où nous venons, qui nous sommes, et qui sont « les personnes qui nous permettent d’être nous-même » (sic !).

 

On ne peut pas toujours tout avoir et ce n’est pas la fin du monde

Dans le film, le personnage principal, Ryan Pierce (interprétée par l’excellente Régina Hall), est une auteure à succès, et son livre « You Can Have It Al » [Vous pouvez tout avoir, ndlr] lui vaut d’être invitée en tant que keynote speaker à l’Essence Festival, à la Nouvelle Orléans. C’est précisément ce Saint Graal féminin des temps modernes, le « have it all », après lequel nombre de femmes courent, que détricote avec un humour décapant ce buddy movie féminin. Réussir sa vie de famille, être mariée à l’homme parfait, le retenir, se montrer à son bras, réussir sa vie professionnelle, gagner beaucoup d’argent, investir, le montrer, être un modèle irréprochable, et en plus être canon, désirable, mince, et avoir l’air fabuleux en tout temps et tout lieu… A moins de s’appeler Shiva, ou de faire un burn-out tous les trimestres, impossible pour tout être humain normalement constitué d’être perpétuellement à ce niveau d’exigence, à moins de faire semblant. Bonjour la charge mentale !

 

Les femmes aussi ont besoin de décompresser

Cf. le paragraphe ci-dessus sur le « have it all » et de la charge mentale qui est son corollaire. Il y a une telle pression sur les femmes, qu’elles soient afro-américaines, caribéennes, européennes, africaines, asiatiques ou autres, que c’en est indécent. Entre une certaine idée de la féminité à laquelle il faut tout faire pour se conformer, la famille dont il faut s’occuper, les obligations professionnelles, les activités associatives, et bien d’autres, les femmes modernes et actives ont bien souvent en 24 heures deux à trois journées quand un homme lambda n’en a qu’une. Qu’on ne me parle plus de « sexe faible » lorsqu’il s’agit d’évoquer les femmes qui, bien souvent, sont ce que j’aime appeler des « héroïnes du quotidien » ! Nous aussi, avons besoin de nos « Very Bad Trips » pour lâcher prise.

 

Des blagues salaces par des femmes et pour des femmes

Avouons-le : nous aussi, les femmes, autant que les hommes, quand nous nous retrouvons, nous aimons bien faire des blagues potaches et salaces à souhait ! Etonnant non ! Eh non, nous, les femmes, ne sommes pas des licornes qui font caca des poussières d’étoiles multicolores, et nous pouvons aussi aimer de grosses blagues bien grasses, comme en fait beaucoup Dina, le personnage campé par la comique Tiffany Haddish…démonstration très visuelle avec une banane et un pamplemousse à l’appui. Je ne vous en dis pas plus, allez voir « Girls Trip » !

 

Des hommes noirs beaux et sexy

 

Je ne sais pas pour vous, mais j’aime admirer un homme noir, grand, comme taillé dans de l’ébène, et avec un je-ne-sais-quoi de séduction. Bien malheureusement, mon amoureux Idris Elba ne figure pas au casting masculin de « Girls Trip », mais la belle brochette d’hommes hyper sexy qui transpirent la testostérone vaut le détour : Mike Colter dans le rôle de Stewart Pierce, le mari de Ryan, Larenz Tate, Kofi Siriboe, Maxwell, Morris Chesnut, Ne-Yo, sans compter nombre de figurants tout aussi canon !

 

Un casting féminin exceptionnel

L’alchimie qui opère entre Regina Hall, Jada Pinkett-Smith, Queen Latifah et Tiffany Haddish est si puissante et vraie qu’elle est un atout indéniable pour « Girls Trip ». Les quatre femmes crèvent l’écran. Jeune quarantaine, elles sont sublimes, s’assument et rayonnent. De plus, l’amplitude de leur jeu d’actrices est si riche qu’elles nous transportent d’une émotion extrême à l’autre, et c’est un pur bonheur.

 

Les femmes peuvent accomplir des grandes choses sans chaperon

L’une des grandes leçons de ce film c’est aussi de montrer aux femmes qu’elles ont le pouvoir de réaliser des choses exceptionnelles, de se réaliser, sans pour autant toujours avoir besoin de la validation, de l’approbation, du chaperonnage d’un homme. En effet, dans « Girls Trip », l’époux de Ryan la maintient dans une relation toxique car financièrement bénéfique pour lui qui profite éhontément de la réussite de sa femme, tout en lui faisant croire qu’elle ne peut rien sans lui. Que c’est moche ! Et ça l’est encore plus quand la réalité dépasse la fiction.

 

Essence Festival

Les Flossy Posse (le surnom de la bande d’amies) se rendent à l’Essence Festival, qui est le plus grand festival afro-américain des USA. A la base destiné aux femmes afro-américaines, ce festival qui avait, en 1994, pour but de célébrer le 25ème anniversaire de « Essence Magazine », revient finalement chaque année, tout en mettant en avant des valeurs et des projets de société qui font avancer la communauté noire aux USA. D’ailleurs, le festival est aussi connu sous le nom de « the party with a purpose », c’est-à-dire « la fête avec un but ».

C’est donc durant ce festival hautement identitaire et culturel que nombre de scènes de « Girls Trip » ont été filmées, et en particulier celles où les Flossy Posse assistent à des concerts live des têtes d’affiche du festival. Le défi a donc été de taille pour l’équipe et les comédiennes, afin de shooter en une seule prise nombre de scènes incluant des passages d’artistes lors de leurs prestations.

Alors, les Caribbean Boss Ladies, et si on faisait un CBL Trip l’an prochain à la Nouvelle Orléans, pour l’Essence Festival 2018 ? Chiche !