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Papa Pope, Scandal S5 E10


 

Jeudi 26 janvier, Olivia Pope, ses Gladiateurs en costard, mais aussi Papa Pope and Co seront de retour avec la première de la sixième saison de Scandal. Par-delà l’histoire qui, par certains aspects, me rappelle le cœur de mon travail auprès de certains leaders politiques, ce que je préfère dans cette série, c’est la dialectique entre Olivia Pope et son père, Eli Pope, Commandant en chef de B613, une agence ultrasecrète qui fait et défait le pouvoir politique, militaire et économique. Dans le dixième épisode de la saison 5 de Scandal, Papa Pope lance à une Olivia qui se complaisait dans une relation sentimentale compliquée, une réplique extraordinairement criante de vérité : « Get Yourself Some Power ! ». Le « wake-up call » dont elle avait besoin pour reprendre sa vie en main.

 

Avant mon exégèse popesque, il me faut vous raconter comment je suis arrivée à Scandal. Contrairement à beaucoup de fans de la série, je n’ai pas commencé à la suivre il y a six ans, à ses tout débuts, mais seulement depuis 2013, suivant les recommandations de Jérôme et Fabrice, deux amis du lycée que je respecte et qui suivent ma trajectoire professionnelle.

A l’époque, je dirigeais la communication du Ministère du Commerce et de l’Industrie d’Haïti, et sur mon Facebook privé, j’avais posté une photo que l’un de mes collaborateurs avait prise de moi en pleine action, alors même que j’étais en pleine gestion d’une petite crise. Tout de suite, commentaires de Jérôme et Fabrice : « En te lisant, je pense à la série Scandal, quand t’auras le temps, regarde », « C’est notre Caribbean Olivia Pope, il faut absolument que tu regardes Scandal ! »

Intriguée, je me suis donc mise à la recherche des épisodes de Scandal. Et là, je découvre une géniale Kerry Washington que j’avais adorée en 2004 à l’affiche de « She Hate Me » de Spike Lee. Le scénario de Scandal, tout le monde le connait après cinq saisons, donc je ne reviendrai pas sur tous les points qui font que cette série est fantastique, en dehors même du fait qu’elle soit produite par Shonda Rhimes, une femme afro-américaine suffisamment incontournable et influente pour avoir le pouvoir d’imposer certains choix à un network américain, et donc de faire bouger nombre de lignes.

Voilà donc comment je suis arrivée à Scandal : identification, éléments de langage, intrigue, impact sur les femmes et les spectateurs en général, la mode (eh oui !), communication géniale avec des éléments d’engagement forts pour la base de fans, tout cela fait que depuis presque quatre ans, je suis accro à cette série, même si sur quelques points, elle me déçoit parfois.

 

« Get Yourself Some Power, Some Real Power ! »

Dans l’épisode “It’s Hard Out Here for a General” (S5 E10), Eli Pope secoue sa fille, sans ménagement, et l’exhorte à faire en sorte d’obtenir du pouvoir, et de devenir assez puissante pour être incontournable afin d’être celle qui ferait et déferait Washington.

 

 

Cette injonction de Papa Pope, à mon sens, résume toute la démarche que les Boss Ladies devraient s’atteler à mettre en œuvre. Non pas dans un quelconque but de manipulation et de jouissance du pouvoir pour le pouvoir uniquement, mais pour aider d’autres femmes à se réaliser.


Pour mieux comprendre le type de pouvoir auquel je fais allusion, même si l’on s’éloigne un peu du pouvoir politique dont parle Papa Pope, penchons-nous sur l’étymologie latine classique du mot « pouvoir ».  Sans surprise, cette origine latine signifie « je suis maître de ». Et, en dehors du verbe qui, en français, signifie « avoir la possibilité de faire quelque chose », pouvoir en tant que substantif a une multitude de significations, dont plusieurs renvoient au politique, à la maîtrise d’une capacité, ou encore à l’ascendant sur quelqu’un. En ce sens, le pouvoir est souvent associé à l’autorité.

 

Revenons donc au sujet qui m’intéresse : Pourquoi est-il donc si important pour une femme de construire suffisamment son influence, son autorité, afin de devenir une Boss Lady de pouvoir ?

A mon sens, seules les femmes comprennent assez bien les problématiques des autres femmes lorsqu’elles désirent se réaliser pleinement. Personne d’autre qu’une femme de pouvoir bienveillante ne peut aider et accompagner efficacement une autre femme, dans une démarche d’empowerment.

Avoir le pouvoir pour le pouvoir, être dans ses arcanes uniquement pour son petit avancement personnel et ses intérêts privés, cela, pour moi, n’a pas de sens.
Ce que je veux dire aux femmes qui lisent ce billet, c’est qu’il faut, comme l’exhorte Papa Pope, devenir suffisamment maîtresse de nos propres capacités, les développer pour leur donner leur pleine puissance, au point de devenir, chacune, incontournable dans notre domaine.
Faites en sorte que l’on ne puisse pas faire sans vous, que l’on vous aime ou pas. C’est cela le vrai pouvoir. Et, soyez bienveillante à souhait pour encourager et accompagner d’autres femmes sur ce chemin, car nous seules avons la capacité de donner un réel sens à l’empowerment féminin.

 

Bien sûr, je ne veux pas minimiser le rôle des hommes qui s’inscrivent dans cette logique d’empowerment féminin (et ils sont nombreux), mais qui mieux qu’une femme comprendra la frustration que nous pouvons avoir quand des éléments extérieurs brident notre potentiel ? Qui mieux qu’une femme peut comprendre une autre femme qui ne peut pas s’épanouir professionnellement parce qu’on la renvoie à sa condition de mère ? Qui d’autre qu’une femme peut comprendre une autre femme qui doit subir un mansplaining terrible, et que sais-je encore ?

Seule une femme de pouvoir, qui a sublimé nombre de difficultés en réussite, peut valablement accompagner d’autres femmes compétentes à devenir des vraies Boss Ladies, des leaders, des femmes de pouvoir qui, à leur tour, seront aussi des maillons forts de la chaîne de l’empowerment féminin.

Alors, comme le dit Papa Pope, « Get Yourself Some Power » !

 

 

 

(En photo : en mai 2013, dans le Nord d'Haïti, au 1er Sommet des jeunes entrepreneurs innovants d'Haïti ~Crédits photo : Jean-Mary Médor)