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0 Les NTIC, outils puissants d’empowerment féminin

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Avant de partir au Canada, en début avril, pour la deuxième Semaine Numérique de Québec, j’ai décidé de me mettre dans l’ambiance du parcours « Femmes et numérique » que j’allais suivre là-bas en regardant le film « Hidden Figures » (Les figures de l’ombre, en France). J’ai été saisie par l’histoire vraie de ces scientifiques afro-américaines qui, dans les années 1960, ont largement contribué à ce que la NASA envoie un homme dans l’espace. Ce film, et la Semaine Numérique de Québec, ont été deux expériences très fortes qui m’ont fait réfléchir à ce que nous faisons au quotidien afin d’encourager les jeunes filles à s’orienter vers des filières scientifiques et technologiques, et surtout, après le baccalauréat, à transformer l’essai en intégrant des formations de haut niveau dans les TIC, et en allant jusqu’au bout pour devenir des Girls in Tech professionnelles.

 

Eduquer les jeunes filles aux bonnes pratiques NTIC

Tout d’abord, aujourd’hui, 27 avril 2017, journée internationale des jeunes filles dans les Technologies de l’Information et de la Communication, il est important de rappeler que « renforcer l’utilisation des technologies clefs, en particulier l’informatique et les communications pour promouvoir l’autonomisation des femmes », est un axe fort de l’un des 17 objectifs de développement durable fixés par l’Organisation des Nations Unies. Il s’agit, plus précisément, de l’objectif 5 qui a pour but de « parvenir à l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles ».

 

Eduquer les jeunes filles aux bonnes pratiques, mais aussi aux potentiels des NTIC est, à mon sens, crucial si nous souhaitons un monde plus équitable et dans lequel la question du genre ne sera plus un déterminisme qui freinera les ambitions et annihilera les rêves d’une personne, juste parce qu’elle est du sexe féminin. En effet, dans ce monde ultra-connecté, et où les NTIC opèrent un effet loupe sur les initiatives d’empowerment dans tous les domaines, il faut aussi se rappeler que c’est aussi ce même monde qui a démocratisé le slut-shaming, et a banalisé nombre de pratiques de harcèlement sexuel et psychologique en exposant notamment la vie sexuelle de beaucoup de jeunes filles, avec ou sans leur consentement.

Certes, les jeunes générations naissent presque les doigts sur le clavier et sur les écrans, au point même où les NTIC deviennent quasiment des extensions de leurs corps, mais il n’en reste pas moins que si la technicité est bien intégrée chez une majorité de jeunes filles connectées, les bonnes pratiques le sont moins : adopter une certaine étiquette en ligne, ne pas se laisser filmer ou photographier dans des positions compromettantes (même si l’on vous promet de ne pas diffuser…vraiment ?), contrôler de façon consciente son image, etc. On ne le répétera jamais assez :  une fois que vous balancez quelque chose en ligne, vous renoncez, tacitement et en faits, à exercer votre « droit à l’oubli ».

 

Dans un monde idéal, vous devriez pouvoir prétendre à ce que des éléments que vous avez effacés ne vous poursuivent pas et ne ruinent pas votre réputation… Sauf que, nous ne sommes pas dans un monde idéal, et la e-réputation est désormais un élément bien réel de la réputation au sens classique du terme. Dès lors, il est plus que jamais essentiel pour les jeunes filles d’adopter de bonnes pratiques dès lors qu’elles commencent à utiliser les NTIC. Et c’est précisément là qu’intervient l’éducation à ces bonnes pratiques. Et ce, d’autant plus qu’il est désormais prouvé qu’une très grande majorité des employeurs googlisent les prétendants à un poste…

 

JIJFTIC

 

Les NTIC contribuent à l’empowerment et au leadership féminins

Par-delà cette nécessaire éducation aux bonnes pratiques NTIC, pour que les jeunes filles se construisent de bonnes bases de réputation, il est aussi important de comprendre que les NTIC sont aussi, de plus en plus, les outils privilégiés de l’empowerment, de l’autonomisation et du leadership féminins. Concrètement, lorsque nous parvenons à dépasser les usages purement superficiels des NTIC, et que nous passons du stade de consommatrices passives à celui d’actrices et de « doers », les NTIC deviennent des alliées privilégiées pour notre empowerment, notre autonomisation et notre leadership.

 

Ces outils nous permettent de contourner les schémas classiques :

  • De l’éducation, en nous donnant accès à des ressources et à des mentors auxquels bien souvent nous n’aurions même pas espéré avoir accès IRL ;
  • Du management de carrière, en permettant de faire entendre notre voix, de mieux valoriser nos compétences, et de développer des projets personnels ou des side jobs ;
  • De la construction du leadership, en ouvrant l’audience possible au monde entier. Et la liste est non exhaustive.

Nombre de success stories comme celles de Sophia Amoruso, ou encore de Cara Alwill Leyba, témoignent de ce pouvoir des NTIC dans la vie des femmes. Chez nous, en Caraïbe, des influenceuses d’opinion et entrepreneures comme Daniella Jacques (présidente de la Chambre de Commerce des Femmes Entrepreneures d’Haïti), Betty Fausta (présidente de GuadeloupeTech et CEO d’IPEOS), Jessica Brudey (à la tête de Food’Îles), mon amie et co-auteure Mylène Colmar, l’Haïtienne Christine Souffrant (fondatrice d’Haiti Tech Summit et dans la liste 2016 « 30 Under 30 » de Forbes), et nombre d’entrepreneures connectées,  montrent aussi la voie, même si le chemin est encore long.

 

Alors les filles, plus que jamais, soyez des actrices conscientes et rationnelles de vos usages NTIC, investissez ce champ des possibles. Et non, coder n’est pas uniquement réservé aux mecs geeks, alors apprenez aussi à coder, entreprenez dans le numérique ou à travers le numérique, pensez business et utilisez les NTIC pour affirmer votre leadership et défendre les causes qui vous tiennent à cœur ! Ce millénaire sera féminin, et les NTIC sont nos alliées.

 


Crédits photo couverture : HappyMan PhotoGraphy