Queen Vee fait partie de ces femmes dont la force vous irradie d’une lumière qui vous réchauffe et vous donne de l’énergie, parce qu’elle puise sa source d’un voyage dans les ténèbres qui la rend beaucoup plus vraie. Sans faux semblant, et surtout sans chercher à entrer dans un moule préconçu qui fabrique en série des influenceuses lisses, et qui se ressemblent souvent, Queen Vee a commencé, il y a un an, à partager son vécu et son cheminement spirituel avec d’autres femmes de la Guadeloupe. Forte de ce voyage personnel qui lui a permis d’affirmer qui elle est et ce à quoi elle aspire, elle a aussi voulu donner la parole à d’autres femmes, le vendredi après-midi, dans son émission « Secrets d’Femmes » sur Canal 10. 

Secrets d’Femmes, pour valoriser les parcours atypiques

« L’aventure Secrets d’Femmes a commencé sur Instagram, avec des live. J’ai eu envie d’instaurer et de fédérer une communauté de femmes autour de mon cheminement, et de plus en plus de femmes se reconnaissaient dans mon histoire, et je me rendais compte qu’il y avait des femmes qui avaient besoin d’être inspirées, d’un côté, et qu’il y avait aussi des femmes en Guadeloupe suffisamment inspirantes pour donner une nouvelle dynamique à cette nouvelle génération de femmes », a expliqué Queen Vee à Caribbean Boss Lady. 
C’était le début de son émission inspirante sur Canal 10 à qui elle a proposé le projet, et auquel la directrice, Lisa Rodriguez, a tout de suite adhéré, car à la recherche de « quelqu’un qui puisse lui proposer du nouveau contenu ». 

« J’avais envie d’accueillir sur mon plateau des femmes inspirantes, mais je voulais surtout mettre l’accent sur des parcours atypiques, pas forcément des parcours que l’on voit tous les jours : pas forcément des femmes qui ont réussi de façon professionnelle, celles qui ne parlent pas des échecs et obstacles qu’elles ont pu rencontrer autant dans leur vie professionnelle que personnelle. J’avais vraiment envie de toucher ce public de femmes qui se battent au quotidien, à tous les niveaux »,nous a déclaré Queen Vee.

Les Spiritual Queen Days ou la réappropriation de la spiritualité afro-caribéenne

Avec sa communauté, Queen Vee a décidé de continuer le partage par-delà la télévision, et de réunir des femmes afin qu’elles se reconnectent à leur énergie spirituelle pour un meilleur épanouissement. Loin des clichés de la « gadèd zafè », c’est-à-dire de la femme marabout ou sorcière en créole guadeloupéen, Queen Vee nous réconcilie avec la spiritualité afro-caribéenne, en nous emmenant sur son propre chemin : celui d’une spiritualité plus en accord avec nos racines et notre identité ; une spiritualité qui laisse une grande place aux pratiques ancestrales africaines. : « Je voulais créer un cercle de femmes, car j’avais l’impression que les cercles de femmes qui existent déjà en Guadeloupe sont très secrets, et que la nouvelle génération se sentait un peu à part. Je souhaite, avec les Spiritual Queen Days, réserver un moment aux femmes, mettre à leur disposition des pratiques qui sortent de l’ordinaire, des pratiques alternatives. Je parle toujours de ce que j’expérimente et qui m’a permis de révéler mon plein potentiel. Durant ces journées, nous avons des ateliers pour permettre aux femmes de travailler sur leurs différents corps énergétiques. Je fais aussi venir exceptionnellement de la Martinique Sylvia Desrose qui a développé un concept de yoga ancestral égyptien, qui est différent du yoga que l’on connaît »,a précisé Queen Vee au sujet du programme de ce week-end. 

Avec ces Spiritual Queen Days, Queen Vee s’affirme de plus en plus comme une guide qui souhaite remettre au centre de la spiritualité caribéenne des pratiques ancestrales africaines qui ont longtemps été présentées comme ou du folklore ou de la sorcellerie qu’il faut absolument bannir, dans un contexte de spiritualité caribéenne où les apports occidentaux sont dominants. En ce sens, Queen Vee est à la Guadeloupe ce que des femmes comme Carolyn Desert, ex-miss Haïti Univers, et la chanteuse et danseuse folklorique Riva Nyri Precil sont à Haïti en utilisant les réseaux sociaux, leur féminité et leurs communautés pour valoriser une spiritualité qui nous ressemble plus mais qui détonne dans ce contexte encore euro-centré qui est celui de la Caraïbe française. 

« Cela détone, parce que c’est anti-conventionnel. Le christianisme est très présent ici, donc forcément ma démarche vient bousculer les croyances qui sont déjà installées dans notre société guadeloupéenne, pourtant ce dont je parle, les pratiques ancestrales, ce n’est rien d’autre que ce qui nous appartient. Et pas besoin de remonter très loin. Il suffit de regarder nos grand-mères avec leurs bains à base de feuillages, des rituels…On a tous connu ça. Malheureusement, on a un peu perdu ça, car nous avons rejeté ces pratiques. L’Occident a voulu nous faire croire que ce qui nous appartient n’estt pas bon, a voulu le diaboliser, et en particulier nos pratiques et nos relations à l’Univers et la Nature, or nous sommes des êtres intrinsèquement reliés à la Nature. C’est cette transmission que j’essaie de relancer et que je me réapproprie et que j’essaie de communiquer en la vulgarisant. Le message que je veux faire passer, c’est : n’ayez peur de ce qui vous appartient », selon Queen Vee. 

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