L’heure est désormais au bilan aux Bahamas, après le passage dimanche de l’ouragan-monstre Dorian. Avec des vents frôlant les 300 km/h et des rafales à 350 km/h, des pluies diluviennes, l’ouragan, classé catégorie 5 sur l’échelle Saffir-Simpson, est le plus violent de l’histoire des Bahamas. À titre de comparaison, il est beaucoup plus violent que l’ouragan Irma qui a dévasté Saint-Martin en 2017. Si les premiers rapports sont alarmants, et font état de 13 000 maisons qui pourraient avoir été détruites ou endommagées, une attention particulière devra être accordée aux femmes défavorisées. En effet, selon le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les inégalités entre hommes et femmes sont renforcées en pendant et après une catastrophe naturelle au point où « les femmes, les filles et les garçons ont 14 fois plus de risques de mourir lors d’une catastrophe. »

Une inégalité face aux conséquences du dérèglement climatique qui est doublement injuste, car non seulement la Caraïbe participe très peu à l’émission de gaz à effet de serre, les femmes défavorisées ont aussi moins de responsabilités sur ce dérèglement. Et pourtant, elles subissent plus que d’autres les conséquences de ce dérèglement. Dans une note intitulée « Genre et Catastrophes », le PNUD pointe « le lien étroit entre égalité des sexes et résilience aux catastrophes : les femmes, les filles, les hommes d’âges et de classes socioéconomiques différents n’ont pas les mêmes vulnérabilités, ce qui conditionne leur vécu d’une catastrophe et leur capacité à s’en remettre. » 

Et ces inégalités sont encore plus flagrantes dans les pays où les inégalités de genre et les discriminations sexistes sont un frein à l’autonomisation des femmes : « les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux aléas naturels, avec un taux de mortalité plus élevé », et les violences à leur égard (violences domestiques, viols, abus, etc.) « augmentent de façon exponentielle pendant et après une catastrophe », d’après de données recueillies auprès de 141 pays frappés par une catastrophe 1981 et 2002. 

 Les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux aléas naturels, avec un taux de mortalité plus élevé

PNUD

Alors, comment lutter contre ces inégalités ? Les agences comme le PNUD ou encore l’ONU Femmes préconisent, en prévention, de continuer à développer des projets et politiques publiques d’autonomisation des femmes, par l’instruction et l’entrepreneuriat, et, en actions de relèvement, de prendre en compte les problématiques sexospécifiques lorsque les actions humanitaires sont menées, puisque les femmes, il faut le souligner, sont systématiquement en première ligne pour œuvrer à la survie de leurs familles après une catastrophe naturelle. 


Photo à la Une par Cédrick-Isham, After ouragan Maria à la Dominique en 2017

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here