Jesmyn Ward, l’écrivaine afro-américaine qui est la seule femme à compter à son actif pas moins de deux National Book Awards – ce très prestigieux prix littéraire américain, serait, selon nombre de critiques, dans les  pas de deux monuments de la littérature afro-américaine – internationale même : James Baldwin, connu pour son œuvre militante antiraciste fondamentale ainsi que pour ses écrits sur l’exploration de la distinction sexuelle dans l’Amérique de la première moitié du XXème siècle, d’une part, et d’autre part, Toni Morrison, Prix Nobel de littérature de 1993, et à l’œuvre magistrale qui explore la construction de l’identité afro-américaine  ainsi que de l’esthétique féminine noire américaine, au vu des impacts transgénérationnels de l’esclavage, de la ségrégation, et à travers des périodes historiques plus contemporaines qui lui permettent de monter aussi la laborieuse construction de cette esthétique et de cette identité afro-américaines, entre douleurs et espoirs.

Tout comme Ayana Mathis l’avait fait avec ses 12 tribus d’Hattie, en opérant une sublime synthèse des qualités et de Baldwin et de Morrison, Ward, avec ses deux derniers ouvrages, s’affirme comme étant un auteur majeur qui sait non seulement faire vivre l’héritage de Baldwin et de Morrison, mais qui sait aussi faire briller un style personnel très poétique, qui fait de sa plume une plume toute solaire qui ne souffre pas de la même gravité que celle de ces prédécesseurs, malgré la difficulté des sujets abordés.

Dans son dernier roman,  Le chant des revenants, qui vient d’être traduit en français et publié en France, Ward nous fait remonter le Mississipi, à la rencontre de familles métissées dans un sud états-unien raciste. Une exploration d’histoires familiales comme il peut en exister aussi en Guadeloupe, avec leurs sublimes et leurs tragiques. À lire d’urgence chez Belfond, et disponible dans toutes les bonnes librairies 

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